Journal du Designer

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La couleur, acte de courage

Qui a volé la couleur ?

Voitures, objets du quotidien, façades de bâtiments… un vent esthétique violent l’a balayée de nos regards. J’y vois deux coupables.

La standardisation tout d’abord, et ses considérations économiques. Celle-ci même qui a transformé notre quotidien en un film en noir & blanc. La couleur est devenue une option.

« Pour avoir de la couleur, il me faut réaliser un effort. »

Puis, l’avènement de l’utile au détriment du beau. L’aspect visuel faisait partie du cahier des charges, perçu même comme un levier de différenciation commercial. Désormais, la consensualité ne choque personne, étouffe le risque de voir fuir le client.

« Comment pourrais-je le supporter si je me lassais de la couleur de mes murs ? »

« La couleur revient » titrent les uns après les autres les médias de design intérieur. Leur éditorial semble toutefois la réserver aux audacieux dont seule la personnalité leur permet cette excentricité.

Je pense au contraire que la plupart d’entre nous éprouvent un profond désir, presque sensuel, pour la couleur franche.

S’il est prudent de choisir une palette chromatique sage, alors j’aime le risque.

Si arborer des couleurs vives dans son intérieur est la preuve d’une force de caractère, alors nous ferons des étincelles.

Recolorer nos vies ne dépend pas de l’offre des marques. Elle sera le résultat de la demande des clients.

27 avril 2026